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Nathalie Chiffaut-Moliard

« Le lien charnel ne doit jamais être rompu »
Nathalie Chiffaut-Moliard a une double casquette -  sage-femme et sexologue – et un discours unique : la sexualité est le ciment du couple !

La sexualité a t-elle une place dans la formation des sages-femmes ?
Oui, mais ça reste très superficiel. Seules 6h de cours sont consacrées à la sexualité dans la formation des sages-femmes... Ce n’est évidemment pas suffisant pour affronter la discipline à bras le corps. De mon côté après 8 années dans un hôpital de la région parisienne, j’ai fait le choix de retourner sur les bancs de l’école pour suivre un DIU d’études de la sexualité humaine.
Pourquoi la sexualité a une place centrale dans votre approche de la maternité ?NC-M : Je crois que la sexualité est intimement liée à la bonne santé de la maman et du couple. C’est important de parler de bien-être sexuel, sans tabou et d’aborder le sujet sans complexe. La grossesse est une période de grands chamboulements y compris sous la couette ! Il ne faut pas que la sexualité cristallise des tensions ou des angoisses. Au contraire, elle doit être une source de bien-être. Donc tout ce qui peut permettre à la future maman d’être au top doit avoir une place centrale. Aborder la sexualité pendant la grossesse, c’est aussi rappeler aux femmes enceintes, qu’elles ne sont pas seulement des futures mamans.


Donc sexualité et grossesse sont pleinement compatibles !
Oui ! Il n’existe aucune contre indication à cela. Plus une maman prend du plaisir, plus elle sera bien dans ses pompes. L’important, c’est comme toujours, de s’écouter. Pendant la grossesse, on peut avoir des envies différentes, c’est donc peut-être le moment d’envisager d’autres manières de faire : la sexualité, ce sont aussi des caresses et des moments charnels. Et puis, pour certains, c’est le moment idéal pour faire preuve d’audace ! On peut apprendre à faire autrement, réinventer sa sexualité, sans jamais se forcer évidemment.


En fin de grossesse, on entend souvent dire qu’un rapport sexuel peut déclencher l’accouchement. Info ou intox ?
C’est exact, mais pas pour de mauvaises raisons. Ce sont les ocytocines, véritables hormones du plaisir, libérées pendant un rapport sexuel, qui vont, dans certains cas, provoquer l’accouchement en toute fin de grossesse (et même parfois après le terme). Le taux de cette hormone naturelle va augmenter crescendo à l’approche de la naissance. Pour faire simple, c’est elle qui informe le fœtus de l’imminence du jour et stimule les contractions. En faisant l’amour, on lui donne juste un petit coup de pouce. Et il n’y a bien sûr aucun risque pour le bébé... Parfois, on appelle même ça  « l’accouchement à l’italienne » !


Après un accouchement, est-ce que les sensations changent ?
Ça dépend vraiment de chaque femme. Le relâchement du périnée et l’altération de certaines petites terminaisons nerveuses peuvent diminuer les sensations. Mais rien n’est définitif ! Il faut être patient et faire confiance au vieil adage « l’appétit vient en mangeant ».


Le piège à éviter ?
Imaginer que l’on a besoin de rien parce qu’on a un enfant. C’est le meilleur moyen de s’oublier et d’oublier son couple.


Une fois que bébé est arrivé, comment retrouver une sexualité épanouie ?
Le plus important, c’est de s’octroyer des moments à deux, autrement dit de redevenir un couple à un moment où tous les regards sont braqués sur l’enfant. Il faut s’accorder des moments de complicité, des petites parenthèses à deux pour faire renaitre le désir.


Devenir parents et rester amants, c’est ça en fait le challenge à relever ?
C’est exactement ça ! Il faut tout faire pour que le lien charnel ne soit jamais rompu. L’osmose, le plaisir à deux doivent rester les objectifs communs... avec ou sans enfant !

 

Nathalie Chiffaut-Moliard – Sage-femme sexologue

1 Rue Nicolas Berthot, 21000 Dijon

www.sagefemme-dijon-chiffautmoliard.net

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