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Thierry Rousseau

« La prévention contre le CMV est actuellement la solution la plus efficace pour éviter la contamination pendant la grossesse »
Thierry Rousseau est gynécologue-obstétricien, coordinateur du serce de gynécologie-obstétrique du CHU. Il nous en dit plus sur le CMV.

Pendant la grossesse, on parle spontanément de la toxoplasmose mais quasiment jamais du CMV... Pourquoi ?

L’infection à cytomégalovirus (appelée communément CMV) pendant la grossesse n’est pas très connue du grand public, à la différence de la rubéole ou de la toxoplasmose, car il n’existe pas aujourd’hui en France de dépistage systématique de masse pour les femmes enceintes.
 

Quels sont les caractéristiques de cette infection ?

Le CMV appartient à la famille des virus herpes, d’où sa forte capacité à s’attaquer au cerveau du fœtus. Il se transmet facilement par les sécrétions (salive, nez, larmes, urine, sperme et vaginales) et environ 50 à 70 % des femmes en âge de procréer ont déjà été en contact avec le virus avant leur grossesse. On retrouve deux pics de contamination en fonction de l’âge. Le premier durant la petite enfance jusqu’à 3 ans, car c’est durant cette période que l’enfant a tendance à tout porter à sa bouche, et le deuxième durant l’adolescence ou la post-adolescence du fait des bisous et des relations sexuelles. La première contamination (appelée primo-infection) est le plus souvent anodine lorsque l’on est en bonne santé : elle se manifeste par une petite fièvre, de la fatigue, la présence de ganglions ou une rhino-pharyngite et peut également passer complètement inaperçue. Le virus reste ensuite latent toute la vie dans l’organisme et peut se réactiver en cas de déficience du système immunitaire (fatigue, maladie intercurrente, traitement immunodépresseur). À noter qu’il n’existe pas actuellement de vaccin contre le CMV.


Quels sont les risques pour le fœtus ?
T.R : On estime qu’environ 1 % des femmes sont contaminées pour la première fois ou réactivent le CMV durant leur grossesse. Le virus ne sera transmis au fœtus que dans un tiers des cas, et si c’est le cas dans 90 % il n’aura aucune conséquence pour l’enfant. Si bien qu’au total, environ 300 enfants par an en France vont présenter des séquelles graves dues à l’infection congénitale à CMV, en particulier cérébrales avec handicap psychomoteur. Le risque d’atteinte du fœtus après une réactivation du virus est possible mais exceptionnel. Ce sont les premières infections à CMV qui sont à risques, et ce surtout au 1er trimestre de la grossesse.

 

Quand penser au CMV pendant la grossesse ?

Essentiellement en cas de symptômes évocateurs chez la mère (fièvre, ganglions) mais surtout devant la présence de signes spécifiques à l’échographie du fœtus (retard de croissance sévère, anomalies cérébrales).


Pourquoi ne fait-on pas de dépistage systématique du CMV pendant la grossesse en France ?

Essentiellement parce qu’il n’existe pas encore aujourd’hui de traitement efficace durant la grossesse pour empêcher l’apparition de séquelles neurologiques chez l’enfant.
Et à l’avenir ? T.R : Plusieurs études scientifiques sont actuellement en cours en France pour évaluer l’efficacité des médicaments antiviraux sur le fœtus pendant la grossesse et également l’intérêt ou non de proposer un dépistage systématique pour toutes les femmes enceintes, ce qui n’est actuellement pas démontré.


Comment fait-on le diagnostic de l’infection à CMV durant la grossesse ?

L’infection maternelle sera évoquée par une ou plusieurs prises de sang. Concernant le fœtus, c’est l’échographie qui permet le mieux d’apprécier un éventuel retentissement. En fonction de ces différents examens, une amniocentèse pourra être proposée pour confirmer la transmission du virus au fœtus. Si l’amniocentèse est négative, le risque d’atteinte de l’enfant est infime. Le couple peut être rassuré. Si l’amniocentèse est positive, la grossesse doit être prise en charge par une équipe de médecine fœtale qui réalisera des échographies régulières complétées par une IRM du cerveau fœtal au dernier trimestre de la grossesse. En cas d’atteinte cérébrale sévère, une interruption médicale de la grossesse pourra être envisagée, selon la demande du couple bien sûr.


Comment se protéger du cytomégalovirus pendant la grossesse ?

La prévention contre le CMV est actuellement la solution la plus efficace et la contamination pendant la grossesse peut être limitée par des mesures simples qu’il faut absolument connaître lorsqu’on est enceinte

Thierry Rousseau - Gynécologue-obstétricien

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